Aventurons-nous dans le partage

Donner

Connaissez-vous le récit de la veuve de Sarepta, qui n’avait plus qu’une poignée de farine dans la cruche et un petit peu d’huile dans la jarre et qui a d’abord préparé une galette pour Elie, et ce n’est qu’après qu’elle en a fait pour elle et son fils ? (1Rois 17:8-16). Une aventure inouïe récompensée en temps utile. C’est une histoire d’antan qui ne peut être actuelle, dirions-nous: en effet, notre démarche habituelle est de penser d’abord à nous et aux nôtres, ensuite, à la mesure du possible aux autres. Partager le peu ou le très peu dont nous disposons avant de penser à nos propres besoins est vraiment un défi, un défi face à nous-mêmes… mais ce n’est pas tout, ceci traduit surtout une confiance absolue en la providence divine. S’attendre à la providence divine en notre temps, est-il encore possible ? Suivez la réflexion de Jean François Bussy à ce propos.

 

Bien sûr, bien sûr, les temps sont durs, tout le monde en parle, tout le monde le sait ! Au point qu’on en viendrait presque à écrire le mot "crise" avec un C majuscule.

Le réflexe quasi naturel dans ces moments-là, même si nous n’avons été qu’effleurés par les conséquences du phénomène actuel, c’est de restreindre nos dépenses, renoncer à certains investissements… et s’acheter un porte-monnaie en peau de hérisson !

En fait que risquons-nous ? Tout au plus de devoir changer de véhicule une année plus tard, de partir en vacances une fois de moins par année, d’avoir à changer de PC six mois plus tard, de faire durer notre garde-robe engorgée un an de plus… Mais vraisemblablement, aucun d’entre nous n’aura à souffrir de la faim, ni n’aura à renoncer à ses 12 cafés par mois au bistrot du coin…

Si de temps en temps une réflexion sérieuse face à notre façon de dépenser est salutaire,  il est cependant souhaitable qu’elle reste sereine, lucide et intelligente. Gardons nos émotions pour des situations qui les méritent vraiment ; comme celle d’un enfant aux traits tirés, aux yeux vides et suppliants, quêtant notre compassion. Quelle catastrophe ce serait, si dans la considération de notre budget, nos élans de générosité se restreignaient ! Quel drame pour ce petit garçon qui grâce à nous peut enfin aller à l’école, ou cette petite fille qui enfin avait vu s’éloigner le spectre de la famine !

Proverbes 28:27 affirme : "Celui qui donne au pauvre ne connaîtra pas la disette !" Tout simplement parce que celui qui le fait donne à Dieu, qui n’est le débiteur de personne. Car ce que nous faisons à l’un de ses petits, c’est comme si nous le faisions directement à lui ; c’est Jésus qui le dit ! (Matthieu 25:40)

Finalement, si nous fermons nos cœurs, et par conséquent notre portefeuille aux appels de ces petits en détresse, nous faisons preuve d’une terrible incrédulité ! Car sans parole, nous affirmerions que nous ne croyons pas que Dieu puisse subvenir à nos besoins, si nous prenons le risque d’être généreux en son nom…

Et si "la Crise" était une occasion unique qui nous était offerte d’expérimenter la bonté de Dieu qui prévoit et pourvoit ? Si nous avions l’audace de placer des actes forts et courageux en agissant dans l’esprit opposé ? Au lieu de fermer le robinet de la grâce, si nous ouvrions plus grandes nos vannes, pour constater qu’à son tour, Dieu ouvrirait les "écluses des cieux" ? (Malachie 3:10)

Ne vaut-il pas mieux avoir ses économies dans le ciel, que le ciel dans ses économies !

Jean François Bussy