De l’abîme vers un chant sublime

"Du fond de mes abîmes, je crie vers toi Seigneur. Seigneur, écoute ma voix, que tes oreilles soient attentives à la voix de ma plainte!" (Psaume 130.1-2)
"Toi de même, Israël, compte sur le Seigneur, tant pour le jour présent que pour tout l’avenir" (Psaume 131.3)

Les Psaumes 120-134 sont connus par nos frères juifs comme "les Chants des Montées" chantés ou récités par les pèlerins qui montaient vers le temple de Jérusalem et par le prêtre montant les 15 degrés, à savoir les marches, qui conduisaient au cœur du temple. Ces 15 poèmes constituent un ensemble unique où se révèle une harmonie admirable, tant par le style littéraire que par la richesse des sentiments qu’ils expriment et, pour ma part, j’y vois le symbole fort du chemin spirituel auquel est invité chaque être humain.

On peut donc s’étonner que ce début de Psaume des montées 130, cité ci-dessus, commence par une "plongée dans les abîmes", évoquant le désespoir de l’auteur. C’est là qu’il se trouve et il se place devant Celui qui peut l’entendre, qui peut écouter sa plainte, sa culpabilité, sa supplication. Cet appel déchirant montre bien que prier n’est pas se présenter à Dieu sous son "meilleur jour" mais à partir de là où nous en sommes en vérité.

C’est à partir de ses conditions douloureuses que le psalmiste crie à Dieu et Dieu l’entend et va jusqu’à descendre dans les abîmes les plus obscurs et terrifiants du cœur. Ainsi Christ mort est descendu dans les abîmes de la terre (Ephésians 4.9), évoquant nos propres obscurités, nos enfermements et nos souffrances pour les inonder de Sa présence et proclamer par sa résurrection le Chant des montées (Ephésiens 4.10).

Ce Psaume 130 est intimement lié au 131 qui conclut par : "Toi Israël, compte (ou espère) sur le Seigneur, tant pour le jour présent que pour tout l’avenir (131.3)". La nuit profonde du Psaume 130 laisse place à une espérance. L’aurore pointe, un avenir se dessine et l’apaisement vient pour le pèlerin "comme un petit enfant gorgé de lait (131.2)". La situation extérieure n’a peut-être pas changé du tout mais le cœur profond du priant a été visité, le remettant en route sur les marches menant au "temple de Jérusalem" au cœur même de la tendresse écoutante du Seigneur.

Avec toute mon amitié fraternelle, Salvina