Ne laisse pas échapper ta compassion

La compassion est la capacité de s’émouvoir, de se laisser toucher au plus profond de nous face à la souffrance d’autrui, même des inconnus. On peut aussi perdre cette faculté précieuse si on laisse la dureté, le non pardon, la revanche et la haine envahir le cœur. C’est l’objet de ces lignes.

Le mot compassion vient du mot grec sympathie qui veut dire souffrir avec. Un autre mot grec pour compassion met l’emphase sur les entrailles qui sont remuées face à la souffrance. Lorsque quelqu’un que l’on aime est touché par une épreuve ou par la souffrance, la compassion de ses proches va l’aider à se relever sur le chemin de la consolation. La compassion permet de se sentir moins seul, l’amour ressenti dans ces moments communique de nouvelles forces.

Il y a des personnes qui naturellement ont compassion. C’est la force de toutes les mamans du monde qui savent non seulement s’émouvoir devant les pleurs de leur enfant mais aussi trouver le moyen rapide et efficace pour le calmer et le consoler. Ah, nos mamans, elles sont incomparables ! Mais, la compassion est-elle le naturel et l’atout uniquement des cœurs sensibles, maternels ? Est-ce qu’il s’agit d’une vocation spéciale accordée à certains et pas à d’autres ?

Non, car la compassion est le propre du cœur de Dieu le Père, de Lui vient toute compassion. La compassion de Dieu (expression qui revêt parfois un pluriel : les compassions) est largement évoquée dans de très nombreux textes bibliques, depuis les Ecrits de Moïse jusqu’aux prophètes et autres Ecrits de l’Ancien Testament. La compassion de Jésus, le Fils de Dieu, devant les foules, les malades, les démoniaques même, était la marque de son ministère terrestre, elle est soulignée à de nombreuses reprises dans les évangiles. Bien sûr nous ne sommes pas Jésus mais aujourd’hui, en ce moment même, il donne ce qui nous manque – encore faut-il demander avec foi ! Tant de chrétiens peuvent témoigner que lorsque l’amour de Dieu les a envahis, l’amour pour autrui est venu, la compassion aussi. C’est le résultat positif d’un cœur transformé.

Ces derniers temps des actes barbares ont secoués la ville de Paris mais aussi bien d’autres endroits du monde. Un climat de tension en a résulté et la peur s’est installé un peu partout. Soudain un changement de climat se fait sentir. D’un côté une grande sympathie et de la compassion se sont manifestées parmi les gens qui d’un coup se sentent solidaires de la douleur des victimes. D’un autre on remarque que beaucoup sont plus tristes, un peu plus méfiants, moins ouverts aux autres, plus pressés de rentrer à la maison. L’effet compassion en souffre, le besoin instinctif est de trouver les coupables et pour eux, pas de compassion. Non, ils méritent le pire châtiment ! Dès ce moment notre compassion a tendance à se rétrécir et à se limiter uniquement à certaines personnes. Jésus affirme que l’amour se refroidira (Matthieu 24.12).

Amis lecteurs, en ces temps délicats, troublés et difficiles, ne laissez pas votre compassion se refroidir parce que les évènements graves secouent notre temps et notre espace. C’est justement le moment de faire la différence et d’aimer… malgré tout, de poursuivre le chemin que Jésus nous montre, celui d’aller vers autrui au lieu de se refermer dans la crainte, c’est le moment de communiquer notre paix et notre confiance en Celui dont l’amour ne se refroidit jamais. Sans relâche, partageons les valeurs magnifiques du royaume de Dieu et laissons la compassion pratique se manifester par nos vies.