Que dire lorsque des innocents souffrent...

Une fois de plus a eu lieu un acte barbare, de haine et de folie, un terroriste assassin frappe aveuglément et des dizaines d’innocents sont fauchés simplement parce qu’ils se trouvaient au mauvais moment, au mauvais endroit.

Les mots nous manquent et le cœur est lourd en écoutant les actualités qui défilent. On entend : pourquoi ça ? Tous ces innocents ! On n’est plus en sureté nulle part… Ou encore : pourquoi la sécurité n’était-elle pas renforcée à cet endroit… ? On ressent le besoin de parler comme pour évacuer un tant soit peu la tristesse, la colère, la désolation, l’incompréhension. On a besoin de pleurer et de compatir devant de telles informations et manifester de la dignité.

Le but ici n’est pas d’écrire pour écrire, peut être d’abord rappeler un mot pertinent d’une personne qui avait perdu sa femme lors de l’attaque au Bataclan, le laissant seul avec un enfant de 17 mois. Il disait : "vous n’aurez pas ma haine. Vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur…"

Toutes les familles qui ont perdu un être cher de cette manière méritent toute notre compassion et notre prière ; pleurons avec ceux qui pleurent et soyons présents à leurs côtés.

Je pense à deux passages bibliques dont le premier est de l’apôtre Paul : "J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité." (1 Tim 2.1-4)

Redoublons de prière pour notre état, notre pays. Les autorités n’ont pas besoin de nos critiques mais de notre soutien et de notre prière fervente et soutenue, seul et en communauté. C’est juste indispensable. Si l’occasion se présente, disons-leur notre soutien de vive voix. Soyez certains, lorsque nous prions de façon engagée pour l’Etat, Dieu est attentif et il agit.

Le second texte est de la bouche de Jésus, dans Luc 13.1-5 : "En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également."

La réponse de Jésus peut étonner. Au lieu de donner quelques explications sur le pourquoi de la mort des innocents, Jésus ramène ses auditeurs à leur propre cœur. Il dit : sans un vrai retour à Dieu, sans son pardon, la perdition, la mort sera la destinée finale à tous. Cela parait impitoyable ! Pourtant, c’est le cœur du message de l’évangile : sans la repentance il n’y a pas de salut et la grâce n’est manifestée que lorsqu’il y a reconnaissance de la faute. Le Fils de Dieu est venu pour cela : permettre à chaque être humain d’être réconcilié avec le Dieu de l’univers. Oui, on peut TOUS connaitre la vie éternelle, le ciel, le paradis. Pour cela il faut être d’accord avec les conditions de Dieu, pas les nôtres ! Si Jésus dit être le seul chemin, pourquoi discuter ? Nul ne vient au Père que par lui, c’est pourtant simple mais demande l’humilité pour le reconnaitre.

Le pasteur W. Wegert de Hambourg le rappelle souvent : "On n’affirme pas assez que le salaire du péché est la mort (Rom 6.23). Si nous sommes en vie, c’est uniquement une grâce, rien d’autre, car le Dieu de justice a tout à fait le droit de reprendre la vie de tout homme quand il veut, puisqu’il est souverain. Il faut à tout moment être prêt de quitter cette terre et nul ne connait son heure". L’évangéliste Billy Graham disait au lendemain du 11 septembre 2001 : "Les personnes qui sont mortes dans ces évènements ne se doutaient pas du tout de ce qui allait leur arriver ce jour-là. Etaient-elles prêtes ? Ce genre d’événement brutal réveille les consciences car c’est le moment de se tourner vers Dieu, de se repentir de ses péchés, puisque nous non plus, nous ne savons pas ce qui nous arrivera demain".

Pour finir, sachons que la grâce que Dieu nous permet de vivre en paix, engagés à faire SA volonté, ayant trouvé le sens de sa vie et conscient de notre responsabilité. "Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis !" (Ecclésiaste 7.14)

Soyons tous unis et suivons le Seigneur comme il nous le demande. Ayez tous bon courage !