Quelques réflexions bibliques sur la colère

Un proche qui nous déçoit, un enfant qui refuse d’obéir ou un chauffard qui nous bloque la circulation... toutes sortes de situations peuvent susciter notre colère. En quelques secondes, notre humeur change, la pression sanguine augmente et la respiration semble coupée... Dieu est-il d’accord avec nous quand nous sommes en colère ? Que devons-nous savoir sur ce sujet ? Voici quelques points à prendre en compte.

1. La colère n'est pas toujours un péché
En tant qu’émotion, la colère fait partie de la vie, généralement quand quelque chose va à l’encontre de ce que nous pensons être juste.
D’ailleurs, dans la Bible, cette notion n’est pas censurée et il arrivait même que Dieu se mette en colère devant la prolifération du péché, de la méchanceté ou devant les oppressions et injustices des autres nations contre le peuple d’Israël. Jésus s’est aussi mis en colère face à l’hypocrisie des religieux, l’injustice ou devant le bafouement de la sainteté de Dieu.
Dans la vie, nous avons aussi besoin de ressentir cette colère divine qu’on appelle "sainte colère" ou "juste indignation". C’est ce qui déclenche en nous le désir d’évoluer, de nous lever contre les injustices et de crier à Dieu.
Toutefois, il y a des colères malsaines qui manifestent tout simplement notre désir charnel : jalousie, haine, rancœur, mépris, égoïsme… Dieu ne prend pas plaisir à ce type de colère (Jacques 1.20).

2. … mais peut déboucher sur un péché
Souvent, la colère précède et souvent s’ajoute à d’autres péchés :
Quand notre colère est motivée par notre égoïsme, ou notre justice personnelle
"L'Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu agis bien tu relèveras la tête, mais si tu n'agis pas bien, le péché est tapi à ta porte, et ses désirs (se portent) vers toi : mais toi, domine sur lui. Cependant Caïn adressa la parole à son frère Abel et comme ils étaient dans les champs, Caïn se dressa contre son frère Abel et le tua." (Genèse 4.6-8)

Quand nous nous laissons emporter par notre colère et par notre envie de nous venger
"Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : A moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur." (Romains 12.17-19)

Quand nous manifestons cette colère contrairement à ce que Dieu aurait voulu que nous fassions, quand bien même notre colère serait justifiée. Par exemple, en ce qui concerne notre relation avec nos enfants :
"Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur." (Ephésiens 6.4)

3. Souvent, la colère manifeste aussi notre impatience et notre manque de confiance face au silence de Dieu
Dans leur ouvrage intitulé L'appel du cœur, Dan Allender et Tremper Longman, deux théologiens américains, expliquent ce qui nous pousse parfois à nous mettre en colère : "Par la colère, nous cherchons à compenser la passivité de Dieu en nous attribuant le droit d'agir, au lieu d'attendre dans la vulnérabilité qu'Il intervienne. Elle n'est donc pas seulement un moyen de se protéger contre l'offense ou une source d'énergie pour aller au combat ; elle est une injure lancée à Dieu parce qu'il refuse apparemment d'agir en notre faveur."

4. La maîtrise de la colère fait partie des choses que nous devons développer en devenant chrétien
Dans nos paroles, nos pensées et nos actions, nous devons démontrer le fruit du Saint-Esprit qui habite en nous (Galates 5.22). La maîtrise de soi fait partie de ce fruit.
"Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère : car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu." (Jacques 1.19-20)
"Mais maintenant, vous aussi, rejetez tout cela : colère, animosité, méchanceté, calomnie, paroles grossières qui sortiraient de votre bouche." (Colossiens 3.8)
Maîtriser sa colère s’apprend, et une vie de prière et de communion avec Dieu en est une clé fondamentale.